Rentrer dans une case, histoire d’un look

J’aimerais avoir UN style.

Folk, rock, 50’s mad men, gipsy bohème, cow-boy, femme fatale, la petite maison dans la prairie, business woman, futuriste, gothique, punk, saltimbanque « babos », emo, preppy…

Parfois j’aimerais entrer dans une case et définir ma personnalité à travers des bouts de tissus couvrant ma nudité. Facile et simple, à la question « tu aimes quoi dans la vie » je pourrais répondre « le rock, tu vois pas que je VIS rock, je m’HABILLE rock, mother fucker », ou encore  » les vaches et les Malboros, tu n’as pas capté à mon Stetson idiot? ». Le shopping n’en serait que plus rapide. Pour entrer dans la peau des filles Ingalls, il me suffirait de mettre en route mon radar à liberty en passant le pas de porte d’une boutique. EASY je vous dis.

La vérité est que je m’éparpille. Je vénère les filles à la Dita Von Teese pour leur patience à la préparation make-up et capillaire. Kate Moss reste un modèle pour son bon goût un peu trash (Rock U!). Alice Dellal me rend nostalgique et je trouve que son look de punkette lui va à merveille, mieux que le mien à mon adolescence. Katie Holmes et sa tendance BCBG me remplissent le coeur de bisounours, elle est tellement choupinette avec sa bouille et sa petite fille de revue de mode. Les courbes de Joan Harris dans Mad Men (AKA Christina Hendricks dans la vraie vie) et ses cheveux roux enflamme mon goût pour le style rétro. J’ai la tête qui tourne et me questionne donc sur qui je suis car il paraît que c’est l’habit qui fait le moine ( je sais que c’est l’inverse mais sociologiquement de nos jours, on s’interroge!).

Je suis donc, après analyse, une girouette, cacahuète. J’aime aller au travail en « no look », comprenez pas très apprêtée, jeans, t-shirt, gilet, bottes fourrées, pas coiffée, pas ou peu maquillée. J’aime sortir en mode no look, comprenez la même tenue que celle portée au travail. A la maison c’est pire, un vieux pyjama h&m et un gilet de cher et tendre qui fait illusion de robe de chambre. De temps à autres je craque! Pour les soirées où j’ai le temps de me préparer et l’envie, et que la soirée va être du tonnerre, et qu’en plus c’est cher et tendre qui prend les photos, alors faut être la plus belle pour aller danser, je sors le grand jeu: robes pour l’occasion hyper féminines, coiffure expérimentale tenant à l’aide de 47 barrettes et 3 bombes de laques, et UN trait d’eye liner pour le make-up (la flemme, la fleeemmme), peut-être du rouge à lèvre si aucun repas n’est prévu. D’autres fois je craque dans le mini-short en jeans et le top léopard pour faire ma (re)belle sur mes compensées trouées, histoire de mesurer presque 2 mètres*… Avec tout ça, mon dressing ressemble à pas grand chose, rien d’une fashionista digne de ce nom. 90% de vieux gilets qui bouloche accompagnés de jeans et de t-shirts basiques. 10% de fun seulement, et encore. C’est la guerre. Confidence pour confidence, en soirée il m’est arrivé de reporter une tenue déjà tester ailleurs. Je vous entends vous étouffer d’horreur « QUOI une soirée avec une robe déjà vue à une autre, INIMAGINABLE! » C’est possible, je l’ai fait! Faudra m’expliquer comment certaine s’arrange avec leur banquier, mon armoire aimerait savoir.

Le point budget n’est pas le fond du problème, car même avec une CB illimité je serais capable dans une journée de shopping d’acheter une paire d’escarpins classiques au possible et une paire de doc martens… Des matins je me réveille avec la meilleure volonté du monde pour me « faire belle », puis je pars de chez moi avec un élastique dans les cheveux et pour seul acte esthétique de la crème hydratante sur le visage, tiraillée entre devenir un modèle de féminité exacerbée, ou une extravagante rebelle, un peu bad boy en féministe assumée. Au final, la mode change au fil du temps et s’approprier certaines bases (traditionnel cardigan/tee) n’est-ce pas un point de départ d’un look personnel et durable?

Bref, j’ai pas de style.

 

 

* légère tendance à l’éxagération.