Nous sommes le 8 mars, mesdames bonjour.

Coluche disait à propos des Resto du Cœur que « Si dans 10 ans on existe toujours c’est qu’on a tout raté. » La journée de la femme fête ses 30 ans d’existence en France. Lutter et dénoncer la précarité, ou les inégalités hommes-femmes, même combat complètement foiré ?

Mettre en relief LA femme pendant cette journée est-ce encore utile ? Est-ce uniquement infantilisant et victimisant ? Doit-on attendre qu’on nous souhaite une « bonne fête » ? Je suis très mitigée quant à cette date stabiloté en rose fluo. Je la trouve en effet très stigmatisante. Il est dommage, notamment en France, que la question de la parité et des droits des femmes soit surexposée aujourd’hui, surtout par les politiques en campagne électorale, et mise de côté le reste de l’année. Il subsiste des inégalités, il est donc important de continuer à se battre pour attendre un niveau d’équité entre les sexes, mais il est fort dommage que cette journée soit encore nécessaire pour y penser.  Il est important de noter que bon nombres d’entreprises ne respectent pas la loi sur la parité dans le monde du travail, tant au niveau des salaires et que pour l’accession à des postes à responsabilités. Et ce n’est pas en observant notre gouvernement actuel que nous pourrons y voir l’exemple.

Le 8 mars est l’occasion pour les politiques candidats de faire tout un tas de promesses. Je suis navrée de constater à quel point les propositions faites peuvent être régressives. François Hollande, bien parti pour au moins accéder au second tour, veut rétablir un ministère des Droits des femmes. Cela a été créé en 1981 par Mitterrand pour lutter contre les discriminations et les injustices faites aux femmes, puis supprimé en 1993 par Chirac et remplacé par un service de droits des femmes. La renaissance d’un tel ministère est pour moi comme la date du 8 mars en France, une condamnation publique d’une quelconque égalité. Cela affirmerait que nous sommes bien loin d’avoir avancé en 30 années et qu’il est nécessaire de mettre la pauvre condition inférieure de la femme sur un piédestal pour rétablir l’équilibre. Je me refuse à ce que cela deviennent obligatoire pour accéder à la fin certes juste, je désapprouve le moyen uniquement. De plus la déclaration récente de François Hollande qui fait bondir les associations féministes n’arrange rien. Lorsque je parlais de l’exemple pas vraiment positif du gouvernement, Hollande me devance et promet un gouvernement composé de  50% de femmes et 50% d’hommes, la parité absolue en somme. Seulement il a ajouté « cela ne veut pas dire que les responsabilités seraient les mêmes ». Et cela se passe de commentaires M. Hollande.

Pour continuer avec les politiques et la régression, Marine Le Pen, une femme (enfin je crois…), veut faire dérembourser l’IVG. Celle qui nous balance des bonnes formules du type « la femme est un homme comme un autre », veut lutter contre les avortements à multiples reprises, les killeuse récidivistes d’embryon, pour privilégier l’accès à la contraception. Tout ça c’est une question de budget, en nous tirant des larmes sur le fait que cela permettrait d’aider les petits vieux pour leur soin.  Alors là c’est le pompon du retour en arrière. Je ne suis pas convaincue que le problème soit pris dans le bon sens par MLP. Garantir un accès gratuit à la contraception, notamment chez les jeunes filles, sans l’accord des parents et en tout anonymat, je suis d’accord. Du coup, en toute logique, il y aurait déjà beaucoup moins d’accident et d’IVG et donc plus besoin de le dérembourser. Non, vous n’êtes pas d’accord ?  Je sais que parfois, malgré la pilule, des grossesses non désirées peuvent avoir lieu, avec par exemple la prise d’un médicament qui annule l’effet de la contraception, sans forcément en être informé par les médecins. Avec ce genre d’exemple, je trouve qu’il est intéressant de garder ce droit tel qu’il est.

Le 8 mars demeure une date importante à mes yeux au niveau international. Nous ne sommes déjà pas au point dans l’hexagone, alors dans certains autres pays, c’est plus qu’une catastrophe. L’Organisation des Nations Unies, qui a officialisé la journée internationale de la femme en 1977, argumente et développe un thème chaque année. Pas certaine que les choses évoluent à chaque année passée, mais je trouve qu’il est intéressant de se poser des questions sur les sujets relevés. Il y a eu les quelques années précédentes un doigt pointé sur l’impunité des auteurs de violence faite aux femmes et aux filles ou encore sur l’accès à la formation et à l’éducation. Pour 2012, l’ONU souhaite garantir l’autonomisation des femmes rurales en vue d’éradiquer la faim et la pauvreté. Tout un programme. Mais il est surprenant de lire qu’en garantissant un accès paritaire aux grains, engrais, et aux outils pour les femmes sur leur exploitation, la production permettrait de réduire le nombre de personnes affamées au niveau mondial de 100 à 150 millions. Truc de ouf quand même, qui justifie que la bêtise n’a parfois pas de limite et met la vie d’une large population en danger. Population victime de famine récurrente composée de 60% de femme, étonnant, non ?

C’était mon petit tour d’horizon sur la journée de la femme. Je reste mitigée quant à l’utilité de cette journée et n’arrive pas à me positionner fermement. La journée de la femme ça évoque quoi pour vous ?